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mercredi 24 mars 2004
par Denis Boudreau

Enjeux du gouvernement en ligne

Avec pas moins d'une dizaine de projets à mener à terme avant de pouvoir officiellement tirer ma révérence pour une période de trois à quatre semaines coïncidant avec la naissance éventuelle de ma fille, il est clair que j'ai ces jours-ci, bien peu de temps de qualité à consacrer à C². Résultat, ma liste de favoris destinés aux sujets éventuels à traiter croit exponentiellement de jours en jours et mon fidèle aggrégateur croule sous les nouvelles qui retiennent mon attention. Bien malin est celui qui pourra prédire quand je pourrai lire tous ces articles, encore moins attaquer ces sujets sur le site et y aller de mon grain de sel à leur endroit...

Quoi qu'il en soit, une de mes préoccupations principales ces jours-ci, c'est bien sûr les rondes de concertations menant supposément aux premières ébauches du gouvernement en ligne québécois. On parle ici de tout un menu ! Inutile de dire que la récente décision de W3Québec de sauter dans la mélée et d'y aller de ses propres recommandations à l'endroit du député Henri-François Gautrin ne réduit en rien mes ardeurs à ce niveau.

Il y a urgence d'agir et de se faire entendre auprès des élus, de se relever les manches et de tout faire pour promouvoir l'adoption d'une ligne directrice favorisant le respect des normes et de l'accessibilité. La même vieille question, comme toujours, se pose parfaitement à ce moment-ci. Si on ne le fait pas, qui le fera à notre place ?

Question de bien pouvoir réfléchir à la problématique, mais surtout de l'aborder d'un angle constructif, critique et éclairé, je me devais tout d'abord de me faire une tête en lisant les articles de mon bon ami Michel Dumais, chroniqueur au Devoir et tavernier occasionnel de la Cw3 Old Brewery. Voilà justement trois textes que je me réservais depuis longtemps, et ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai enfin pris le temps de les lire. Enfin, je dis lire, je devrais plutôt dire dévorer. Permettez-moi de vous les offrir généreusement, au détour d'une URL :

Comme je m'y attendais, on y retrouve une tonne d'idées décapantes qui me brûlent d'en discuter. Je n'en dis pas plus pour l'instant, préférant vous inviter à lire le tout, question que nous puissions en débattre ensemble.

À bon entendeur, salut ! Si personne n'y répond, je pourrai toujours m'en parler tout seul.

Denis Boudreau | 2004.03.24 @ 23:55

Alors, qu'en pensez-vous ?

Voici ce que vous aviez à en dire... vos impressions, recueillies à vif.

2004.03.25 @ 06:10 par Une autre politique !!!

Quand la Chine s'isolera...
Tandis que Paris vient d'honorer la littérature chinoise au Salon du livre, le pays fait l'actualité dans un autre domaine, celui de la technologie.

En apparence, la Chine semble résolue à s'isoler, faisant naître de nouvelles frontières là où l'on croyait qu'elles avaient disparu.

Par exemple, en fermant purement et simplement deux communautés d'hébergement de blogs, rendant brutalement aphones quelques 15 000 blogueurs chinois (et inaccessibles les centaines de milliers de pages web correspondantes).

Ou, dans un autre secteur, après avoir défini sa propre version d'un protocole de sécurité (Wapi) destiné à renforcer le standard Wi-Fi, en refusant l'importation d'ordinateurs ou d'équipements sans fil qui n'y seraient pas conformes. Avec les conséquences que l'on imagine pour les équipementiers, qui doivent soit modifier leur matériel au prix de coûteuses adaptations, soit s'interdire d'accéder à ce gigantesque marché. (1)

Et l'on peut multiplier les exemples, comme la 'norme' chinoise EVD, un format de disque vidéo destiné à concurrencer - voire supplanter - le très international DVD. Ou les 'puces Dragon', une alternative aux processeurs Intel, qui commencent à équiper des serveurs made in China.

La Chine est bel et bien en train de définir ses propres 'standards', et l'on pourrait conclure qu'elle cherche juste à contrer l'hégémonie états-unienne par une forme d'isolement technologique. (2)

Certains peuvent même voir d'un bon oeil l'arrivée d'alternatives chinoises aux technologies américaines. Après tout, c'est aussi cela la mondialisation et rien ne prédispose le plus grand pays du monde à consommer - ou subir - sans fin les technologies occidentales. On pourrait s'en réjouir, donc, s'il ne s'agissait précisément de la Chine, ce pays dont l'élite à elle seule constitue un marché d'une taille supérieure à celui de l'Europe, dont les ingénieurs sont aussi qualifiés et plus nombreux que les nôtres, pour lequel les droits de l'homme font figure de détail, et qui affiche un coût du travail parmi les plus bas au monde.

Car, à n'en pas douter, derrière cet isolement technologique apparent se cache un véritable réveil de la Chine. Et comme le pressentait Napoléon, le monde a des raisons de trembler.

Après son marché intérieur, on peut facilement imaginer que d'autres pays d'Asie - Malaisie, Philippines ou Indonésie en tête - succomberont aux technologies chinoises. Avec deux scenarii possibles. Au mieux, l'apparition d'une nouvelle frontière - ou fracture -, une 'muraille de Chine virtuelle', non plus économique mais technologique, séparant Orient et Occident.
Au pire, un marché technologique contrôlé et dominé par la Chine, jusqu'aux couches basses - et opaques - du cryptage équipant les composants électroniques. Et dans les deux cas, une Europe cantonnée au rang de spectateur d'une guerre technico-commerciale sino-américaine. (3)

Mais qui s'en soucie ? L'affaire des blogs censurés a suscité un communiqué rageur de Reporters sans frontières (4), repris avec candeur par quelques centaines de blogueurs dans le monde. Et puis après ? Côté Wi-Fi/Wapi, on note l'indignation polie des industriels concernés, Intel en tête. Mais on peut douter de sa portée, et arguer que le Wi-Fi en Chine sera Wapi ou ne sera pas.
Les enjeux commerciaux pour les entreprises occidentales qui se ruent (à juste titre) vers la Chine sont trop importants pour que l'on ose protester, en tout cas trop violemment.

Et, finalement, on en vient à se demander s'il y aura quelqu'un, à Tienanmen ou ailleurs, pour arrêter les chars de la 'dénormalisation chinoise'.

Cyril Fiévet

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