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lundi 10 janvier 2005
par Denis Boudreau

Traverser l'Atlantique...

Voilà des mois, sinon des années que je me promets d'écrire ce billet. De manière assez régulière, je reçois des courriels d'amis, de connaissance ou de parfaits inconnus me demandant de l'information sur le Québec, sur le marché du Web québécois, sur les chances d'employabilité, sur les exigences québécoises en matière d'informatique, etc. Ça m'amuse un peu, compte tenu que je ne suis en rien un expert sur les questions d'immigration, mais ça me fait toujours plaisir d'y répondre quand même. On a les motivations qu'on peut : si j'apprécie qu'on me demande mon avis, j'apprécie doublement la perspective de contribuer à peupler le Québec de gens intéressés par les standards du Web.

Opportuniste, oui je sais.

Alors, par où diable commencer ? Je vous propose de fouiller les questions les plus fréquemment posées, quitte à revoir plus tard le billet pour le faire évoluer avec de nouvelles questions. Après tout, le but à court terme, c'est de pouvoir rediriger toutes ces personnes vers un ensemble de réponses toutes faites, question de ne plus avoir à me répéter constamment. Si vous avez des questions qui demeurent sans réponses, évidemment, n'hésitez pas à les poser dans les commentaires. Alors, ça va comme suit.

Y'a t-il des possibilités d'emploi dans le Web au Québec ?

À mon sens, il y en a autant ou aussi peu qu'ailleurs. C'est-à-dire qu'ici comme ailleurs, le marché semble tranquillement reprendre du poil de la bête depuis un an ou deux. Les décisionnaires semblent de plus en plus enclins à réinvestir dans le Web, si bien que de nombreux projets de refonte voient enfin le jour, après des années de stagnation. Ce n'est plus la folie furieuse que ce fut à la fin des années 90, mais c'est beaucoup mieux que ça ne l'était il y a trois ans à peine. Alors oui, il y a de l'emploi dans le domaine du Web au Québec... mais encore faut-il que votre profil se démarque des autres, car il y a encore plus de ressources à la recherche de boulot que de postes à combler. En conclusion, c'est plutôt simple. Plus le talent y est, plus la ressource est susceptible de se trouver un boulot.

Quelle est la meilleure période pour dénicher du boulot ?

Il y a deux périodes particulièrement riches pour se trouver un emploi dans le Web au Québec  les mois de mars et septembre, là où reprennent les activités économiques. En effet, bon an, mal an, nous vivons deux périodes creuses dans l'industrie, soit les deux premiers mois de l'année et l'été en général. Ainsi, dès le début des mois de mars et septembre, nous assistons régulièrement à une demande accrue pour des ressources afin de combler les besoins associés à ces nouveaux projets qui démarrent. Si vous souhaitez venir faire un tour au Québec pour vous trouvez du boulot, visez ces périodes et vos chances de succès n'en seront que plus grandes.

Freelances ou salariés ?

Alors là, pas de recette miracle, tout dépend de votre tempérament, pas des conjonctures actuelles du marché. Si vous êtes capables de supporter la pression et l'instabilité qui vient avec un statut de travailleur autonome, si vous êtes capables de construire et nourrir votre réseau, alors la réalité de freelance peut très bien vous servir au Québec. Par contre, si vous cherchez quelque chose de plus stable, ne serait-ce que le temps de construire ce fameux réseau si impotant au succès d'un indépendant, alors optez pour une réalité de salarié, ne serait-ce que les premiers temps. Vous pourrez toujours faire le saut par la suite.

Démarrez une entreprise au Québec, est-ce simple ?

Tout à fait. J'ignore la complexité du proscessus chez vous, mais ici c'est si simple de démarrer son entreprise que s'en est presque gênant. Tout ce qu'une personne doit faire, c'est se présenter au Régistraire des entreprises et enregistrer son nom de société pour la modique somme annuelle de 32.00 $. Il y a différents niveaux à atteindre (on peut penser à l'incorporation qui est déjà un peu plus chère, quelques 400.00 $ je crois), mais dans son expression la plus simple, voilà tout l'investissement qu'il vous faudra faire pour devenir freelance reconnu au Québec.

Cumuler le double statut de salarié et de freelance ?

Tout à fait, et c'est d'ailleurs ce que la plupart des salariés en multimédia font depuis quelques années, alors qu'ils prennent des mandats personnels pour arrondir les fins de mois en plus de leurs engagements de salariés. La pratique n'est pas endossée par tous les employeurs certes, mais bon nombre ne s'en formalisent pas trop et vous laissent faire vos petites afaires. Tant et aussi longtemps que votre employeur voit le tout favorablement et que vous ne signez pas d'entente de non-compétitivité, vous êtes libres de faire ce qui vous plaît. D'ailleurs, la plupart des employeurs ont compris depuis longtemps qu'il est dans leur intérêt de laisser suffisamment de libertés à leurs employés, de peur de les voir disparaître complètement.

Voilà pour une première version du document. Tant mieux si ça peut aider certains et certaines d'entre vous. Je sais bien que pour ma part, ça va me faire sauver un peu de temps. N'hésitez pas à enrichir cette information ou proposer du supplément au besoin, question d'en faire une ressource de plus en plus complète.

Denis Boudreau | 2005.01.10 @ 21:52

Alors, qu'en pensez-vous ?

Voici ce que vous aviez à en dire... vos impressions, recueillies à vif.

2005.01.10 @ 23:58 par Emeric

'J'ignore la complexité du proscessus chez vous, mais ici c'est si simple de démarrer son entreprise que s'en est presque gênant.'

Oh my god ! Moi qui envisage la chose en France, ça me fait baver. C'est d'un complexe ici :(

Ton sujet est très intéressant Denis, surtout pour quelqu'un comme moi qui a vécu un an au Québec qui rêve d'y revenir. Mais il y a un thème que tu n'abordes pas : la difficulté pour un étranger (même un Français) d'avoir le droit de rester au Québec.

En effet, il faut soit être résident permanent (nécessite environ un an d'attente et 1500 euros de frais je crois), soit trouver un emploi très rapidement. Hors les entrepreneurs ont plutôt tendance à choisir des Québecois, car ils doivent justifier l'emploi d'un non-Québecois.

Je connais un Français qui s'est marié avec une Québecoise pour pouvoir rester (enfin, c'était déjà sa copine).
As-tu des connaissances qui sont bien arrivées à surmonter cet obstacle ?

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2005.01.11 @ 02:01 par fastclemmy

Voilà qui est intéressant, ça me donne des idées :-D

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2005.01.11 @ 03:09 par Julien

Après 9 mois à Edmonton en Alberta pour mes études, je ne rêve que d'une chose : finir mon master et repartir vers ce beau pays qui me manque.

il y a des soirs où je m'endors en révant que j'y suis...

Merci pour ce billet très intéressant... vivement septembre prochain !

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2005.01.11 @ 07:09 par DenisB.

@Julien > Faut quand même spécifier qu'il y a tout un monde entre l'Alberta et le Québec ! La culture n'est pas la même, le paysage aussi est très différent. Les deux provinces ont beau faire parti du même pays, la feuille d'érable est probablement le seul point en commun de ces deux peuples... ;)

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2005.01.11 @ 10:41 par Julien

@Denis > Oui je sais bien, c'est ce que 'Jean-Philipe le Québécois' et 'Adam de Vancouver' me disaient avec un air ironique : 'ce n'est pas le même pays' et je l'ai constaté au cours de mes voyages. Mais c'est quand même un pays magique qui me manque trop...

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2005.01.11 @ 13:21 par Elie

L'entente de non-compétitivité correspondrait elle à la clause de non-concurrence française ?

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2005.01.11 @ 15:30 par DenisB.

Oui Élie, absolument. Probable d'ailleurs que dans un bon français nous appelons cela une clause de non-concurrence ici aussi... mais comme nous sommes entourés d'anglais, de tels abus sont fréquents... ;)

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2005.01.11 @ 16:42 par David Cédric Latapie

Merci pour cette page et j'espère qu'elle va s'enrichir. À moins que tu ne décides carrément de créer une page collaborative sur un wiki quelconque. Par exemple en créant une entrée [[émigrer au Québec]] sur Wikipédia, dans l'entrée Québec.

Deux liens
Wikipédia/FR sur Québec http://www.wikitravel.org...
Travailler au Québec sur Wikitravel http://www.wikitravel.org...

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2005.01.13 @ 16:50 par Gilbert

'Tout ce qu'une personne doit faire, c'est se présenter au Régistraire des entreprises et enregistrer son nom de société pour la modique somme annuelle de 32.00 $.'

On peut même se lancer pour moins que ça, 0.00 $, notamment. Si on est pas sûr de générer suffisamment de 'business' au démarrage et dans le courant de sa première année (moins de 30 000 $), rien n'empêche de facturer ses services sans taxe (petit fournisseur au fin de la TPS et TVQ), histoire de voir si le canot tient l'eau. Le cas échéant, l'enregistrement peut s'avérer utile, mais il n'est pas obligatoire pour évaluer la température de l'eau... Dans tous les cas, mais c'est aussi l'enfance de l'art, on doit escompter deux ou trois bonnes plongées en eaux profondes, histoire d'apprendre à ne pas se noyer... Conclusion : 'Give it a try' (comme on dit), ca vaut le coup.

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2005.02.03 @ 23:09 par jeff

Sujet très interessant. Vraiement étonnant la facilité de création d'entreprise au Québec par rapport aux pays européens ...
Concernant l'immigration et le travail au Canada, je vous invite à visiter le site suivant, rempli de témoignages d'expériences diverses : http://www.immigrer.com

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